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Extrait Daiquiri fraise à San Francisco


— Tu es venue, dit l’homme.
Quand je reconnais son visage, une larme roule le long de ma joue. Il l’essuie doucement en plongeant son regard dans le mien. J’attends qu’il parle le premier, les mots restent coincés dans ma gorge.
— Pardonne-moi, chuchote-t-il.
J’avale ma salive et me reprends.
— Qu’est-ce que tu veux ?
— Je…
Parle, parle, PARLE. J’ai envie de le secouer pour qu’on en finisse.
— J’ai pris conscience de beaucoup de choses dans ma vie dernièrement. Je n’aurais jamais dû agir de la sorte avec toi. Je t’ai fait souffrir et j’en suis sincèrement désolé.
— Pauvre con !
Oups, les mots m’ont échappé d’un coup. Il me regarde, abasourdi par ce que je viens de dire. Je m’approche de lui et PAF. Je lui envoie la gifle la plus magistrale que j’ai donnée de ma vie. En plein sur le nez.
— Mais qu’est-ce que tu crois ? je crie en lui frappant le torse de mes poings. Tu crois qu’avec une simple lettre et un petit mot d’excuse, je vais te pardonner d’avoir joué avec moi ? Tu connaissais mes sentiments et ça ne t’a pas empêché de recommencer ton jeu pervers.
Je continue de le frapper le plus fort possible, je ne peux plus m’arrêter, c’en est trop. Je suis en pleurs, j’ai chaud, je suis fatiguée. Il m’épuise. Mickaël m’empoigne et m’immobilise les mains. Je baisse les yeux, je n’ai pas envie de ressentir la honte de l’aimer sans rien en retour et de lire le mépris dans ses yeux, ce serait trop douloureux.
— Regarde-moi, demande-t-il.
Je ne dis rien, je fixe le sol. Je ne veux pas de cette dernière humiliation. Je n’en ai pas besoin.
— Regarde-moi, m’ordonne-t-il en me prenant par le menton.
Je lève les yeux vers lui.
— J’ai pris une décision, je lui balance avant qu’il n’ait le temps de parler. Je démissionne. J’ai déjà écrit ma lettre. On ne se verra plus et on pourra tous les deux passer à autre chose.
Il me lâche, choqué par l’annonce que je viens de lui cracher à la figure.
— Comment ça « on pourra passer à autre chose » ?
— Tu te fiches de moi ou tu fais juste semblant ? je hurle.
Je fais demi-tour brusquement. J’ai envie de fuir, de prendre l’avion et de rentrer chez moi pour quitter tout ça, annihiler ces sentiments et refaire ma vie loin de lui.
— Emma, attends ! Mais attends, merde !
Il court derrière moi. Je me retourne furieuse.
— Tu m’as demandé de venir jusqu’ici juste pour que je te pardonne ? Tu veux avoir la conscience tranquille ? Très bien Mickaël, je te pardonne ! Maintenant, tu peux aller baiser avec une autre de tes journalistes. Je n’en ai plus rien à faire !
— Quoi ?
— Je te pardonne d’avoir été un salaud et un connard sans nom ! Tu es content ? Tu peux me laisser tranquille maintenant ?
— Tu n’as vraiment rien compris.
— Mais je t’en prie, insulte-moi pendant que tu y es, nous n’en sommes plus à ça près après tout !
— Emma, tu veux bien la fermer deux secondes.
— Je…
— Tais-toi !
Son ton autoritaire m’oblige à l’écouter. La respiration saccadée et la bouche sèche, j’attends la suite avec appréhension. Il s’approche de moi et tente de me prendre la main, mais je la retire d’une geste sec.
— Emma, j’ai beaucoup réfléchi à la situation, à ce que je t’ai fait endurer et j’ai réalisé que…
Il me regarde et avance sa main pour effleurer ma joue.
— Que… j’étais tombé amoureux.
Ça, c’est le pompon. Il m’annonce qu’il est tombé amou… quoi ? Je le regarde, persuadée d’avoir mal compris. Je suis incapable de prononcer un mot. Il s’approche et prend mon visage dans ses mains.
— Emma, je t’aime.
J’éclate en sanglots. Toute la tension accumulée, toute cette histoire destructrice, toutes ces nuits de sexe, toutes ces disputes, tout ça m’a bousillé le cœur. Il continue :
— Je t’aime comme un fou. Je n’ai plus envie de jouer, j’ai envie de tout vivre à tes côtés, j’ai envie de voir ton sourire tous les matins, j’ai envie de sentir ton corps contre le mien chaque soir en m’endormant. J’ai envie de découvrir la vie avec toi. Laisse-nous une chance de tout recommencer. S’il te plaît…
Ses paroles frappent mon cerveau de plein fouet et il me faut plusieurs minutes pour tout assimiler. J’ai attendu qu’il me dise ces mots si longtemps. Il plonge son regard dans le mien et caresse le bout de mon nez tendrement.
— Je t’en prie, chuchote-t-il.

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